Je propose la sophrologie comme thérapie complémentaire dans le cadre de la prise en charge de l’endométriose. Cette offre thérapeutique est-elle si farfelue ? Hum, pas tant que cela… 

Mais entre les méconnaissances sur l’endométriose et les idées reçues sur la sophrologie, la pertinence de cette forme de thérapie n’est pas forcément évidente.

Pourtant, cela devrait l’être. Les récentes publications scientifiques et les expériences étrangères soulignent la nécessité d’une prise en charge holistique de la maladie. Par là, je n’entends pas “médecine alternative” mais une approche qui va considérer l’individu dans son intégralité, à savoir son corps, ses émotions, son mental, mais aussi son esprit. L’approche pluridisciplinaire est indispensable dans les soins à apporter aux patientes souffrant d’endométriose. Une prise en charge où la sophrologie a donc un rôle à jouer. Encore faut-il comprendre en quoi…  

C’est ce que je vais expliquer.

Quand on commence à parler de l’endométriose

On commence à beaucoup parler de l’endométriose, maladie qui concerne quand même près d’une femme sur dix (un chiffre très probablement sous évalué).
Alors que l’on ne parlait que très rarement de cette maladie il y a encore une dizaine d’années, les médias lui consacrent aujourd’hui régulièrement des sujets : les symptômes, le vécu des patientes, l’état de la recherche… Des réseaux associatifs (Endofrance, ENDOmind, mon endométriose ma souffrance, etc.) déjà très actifs, ont pu s’appuyer sur le relais de personnalités atteintes par la maladie pour faire prendre conscience de l’ampleur sanitaire qui se jouait en silence. S’en sont suivies de nombreuses communications sur l’endométriose, pour le meilleur… comme pour le pire. Car si des tabous ont pu tomber (oui : on peut enfin parler de règles douloureuses à des heures de grande écoute), on a aussi entretenu de vieilles croyances et relayé des recherches parfois dépassées.

Sophrologie et endométriose
Non, ceci ne devrait pas être tabou…


Si nous devions résumer :

  • Côté pile : de nombreuses femmes ont commencé à se faire enfin correctement dépister (même s’il reste une grande marge d’amélioration, notamment sur le délai de dépistage, puisqu’il reste évalué à 7 ans en moyenne).
  • Côté face : les formations médicales ne sont pas à jour, le réseau de spécialistes est lacunaire au regard de la demande et la prise en charge de la maladie demeure un parcours du combattant (émaillé de violences verbales qui viennent inutilement ajouter de la souffrance à ce que vivent déjà les malades).

L’endométriose : une maladie complexe et mal connue

De nombreux clichés ont la dent dure. Rappelons le donc haut et fort : non, l’endométriose ce n’est pas uniquement avoir des règles douloureuses.
C’est une maladie dont les symptômes dépassent la zone pelvienne. Listons pêle mêle et sans exhaustivité :

  • troubles digestifs (diarrhées, constipations, ballonnements XXL)
  • brûlure urinaire, sang dans les urines
  • fatigue chronique impactant la qualité de vie
  • lombalgie, sciatique ou cruralgie (douleurs irradiant dans la jambe)
  • infertilité
  • troubles musculosquelletiques
  • douleurs neuropathiques
  • douleurs pendant les rapports sexuels
Sophrologie et endométriose

Je préfère m’arrêter là mais la liste est longue. Je souhaite néanmoins reboucler avec ce que j’écrivais plus haut : le diagnostic est en moyenne de 7 ans. Pendant en moyenne sept années, des femmes doivent donc vivre avec ces symptômes qui seront donc, selon certains médecins et l’entourage, au mieux “dans la tête” au pire “une façon d’attirer l’attention, petite chochotte”. Ce que nous devrions leur dire serait plutôt “bravo à elles !”.

Evidemment, ce parcours du combattant ne va pas sans laisser de trace. Le diagnostic souvent tardif oblige à gérer une sorte de déni de l’entourage et de la médecine. Preuve en est : paradoxalement, nous sommes soulagées au moment du diagnostic !

Ce n’est pourtant que le début : une fois diagnostiquée, il est temps de mettre en place un protocole de soin. Où sera souvent oubliée ce qui devrait être pourtant la pierre angulaire de toute prise en charge : la personne.

De l’importance de la qualité de vie

Et de l’importance de rappeler son importance.

L’endométriose est donc une maladie “mystérieuse” qui alimente les fantasmes.
Elle touche à l’intimité profonde.
Elle questionne la femme dans son rapport avec un corps douloureux.
Elle peut remettre en question le projet d’enfant.
Elle peut entraîner des répercussions au niveau du couple.
Elle peut impacter la vie socio professionnelle.
Tout cela génère anxiété, vulnérabilité au stress, voire dépression.

Au final, la qualité de vie est profondément affectée.

A l’instar du diagnostic, trouver les soins appropriés est une épreuve. Par manque de formation, d’intérêt ou de temps, les médecins ne sont pas toujours à l’écoute de souffrances intimes qu’ils craignent de ne pouvoir contrôler. L’extrême variabilité des situations rencontrées rend impossible l’application d’un protocole de soin “type”. Car il y a autant d’endométriose qu’il y a de malades. Vraiment, quand cela ne veut pas…

Sophrologie et endométriose

Ainsi, quand on s’y penche bien, force est de constater que les protocoles de soin se concentrent souvent quasi exclusivement sur les symptômes. Pour schématiser (trop simplement mais je vous renvoie vers cet ouvrage pour avoir un inventaire plus exhaustif), les prises en charge en France combinent :

  • médicaments antalgiques : anti-inflammatoires, opioïdes
  • traitement hormonal (avec ou sans effet contraceptif)
  • chirurgie (exérèse voire ablation)

On ajoute la bouillotte (attention aux brûlures au ventre), un régime alimentaire non inflammatoire (ça ne marche pas pour toutes), le TENS, etc. et normalement, vous avez l’arsenal pour vivre avec la maladie.
Voir disparaître les symptômes si vous êtes chanceuse.
Ne rien voir évoluer si vous l’êtes moins.
Avoir à gérer les effets secondaires des traitements si vous l’êtes encore moins.

Et au pire “vous attendez la ménopause”, comme me l’a suggéré un jour un gynécologue.

Sophrologie et endométriose
La bouillotte, un doudou dont on se passerait bien …

Évidemment, prendre en charges les symptômes douloureux, éviter la propagation de l’endométriose, retirer les lésions, etc., sont indispensables (c’est même la base).

Mais à ce stade, faisons un point :

  • on a donc cette maladie, mal connue, aux symptômes variés mais assurément handicapants
  • après plusieurs années d’errances médicales, la patiente se voit enfin poser un diagnostic
  • la prise en charge se concentre sur les symptômes

Rien ne vous interpelle ? Allez, je vous aide : l’endométriose ce n’est pas que des lésions ou de la douleur. C’est surtout une personne malade. Et son mental a une place de choix dans les mécanismes de guérison (ou de détérioration, au choix…).

Stress et douleur : fais moi mal !

Comme vous l’aurez compris, l’endométriose est “stressante” et source de souffrance.
Or, l’endométriose étant une maladie inflammatoire, le stress va venir titiller les inflammations déjà existantes. Elles vont alors grandir, grandir, grandir… Et la douleur avec.
Et vous pensiez que le stress allait s’en arrêter là ? Que nenni ! Ce filou peut stimuler tout ce qui va pouvoir accroître la douleur :

  • (sur)production d’hormones du stress
  • crispations musculaires
  • modifications hormonales
  • impact sur la digestion et le microbiote intestinal
  • manque de sommeil… qui vont rendre plus irritable… et donc générer plus de stress…

Vous aviez un flocon : vous vous retrouvez avec une immense boule de neige ! 

Sophrologie et endométriose

La douleur peut aussi s’auto-alimenter.
Sans entrer dans les considérations physiologiques (qui pourront faire l’objet d’un autre article tant tout est délicieusement imbriqué), on peut décrire le mécanisme ainsi :

  1. Lors d’une agression, notre corps génère un « signal » d’alerte transmis par notre système nerveux. 
  2. Le signal transite jusqu’à notre cerveau.
  3. Notre cerveau, en fonction de l’intensité de ce message et des informations qu’il véhicule nous donnera l’intensité et la localisation de la douleur.
  4. Le cerveau gère ce message d’alarme.

Mais si la douleur est persistante, de signal d’alarme, la douleur devient maladie et cause du mal-être et alors : bonjour les douleurs chroniques !

Les douleurs chroniques sont souvent à l’origine de souffrances mentales plus ou moins exprimées. Des souffrances qui peuvent résulter d’un état dépressif, résultant de l’impossibilité de trouver l’origine du mal, mais surtout de l’incompréhension de cette situation tant par le malade que par son entourage. Je vous renvoie là encore aux années d’errances médicales qui précédent le diagnostic : ignorant les causes de ses douleurs, la patiente est en souffrance.

L’autre piège de la douleur chronique est celui du cercle vicieux ou de la prophétie autoréalisatrice. On a tous connu un épisode douloureux. Mais le cerveau n’oublie rien. Même une douleur. Au point que pour certains, la simple évocation de circonstances, conditions ou souvenir suffit à provoquer un stress, une crainte, voire un sentiment de douleur par anticipation.
Ainsi, la crainte de la douleur ou le stress provoqué par la permanence de cette douleur engendre des tensions musculaires. La répétition de ces tensions finit par engendrer des douleurs qui viennent s’ajouter aux douleurs d’origine. Cette situation va alors entretenir l’état de souffrance et contribuer à ancrer la crainte de la douleur chez le malade.

Et la boucle est bouclée !

S’il fallait simplifier…

La sophrologie : une méthode déjà recommandée par les autorités de santé

Une femme ne peut se réduire à un corps biologique. C’est un être humain avec une histoire personnelle, familiale, des rêves, des blessures, des espoirs, des amours et une vie sexuelle.
Tous les types de personnalité vont se rencontrer et la prise en charge devra s’adapter à chaque patiente.
Or, la dimension intime, personnelle et psychologique liée au vécu de l’endométriose n’est jamais simple … C’est justement là que la sophrologie intervient.

Dans son rapport “Prise en charge de l’endométriose -Méthode Recommandations pour la pratique clinique”, la Haute Autorité de Santé recommandait déjà en 2017 :

Les prises en charge non médicamenteuses qui ont montré une amélioration de la qualité de vie peuvent être proposées en complément de la prise en charge médicale de l’endométriose (Accord d’experts).

La prise en charge de la douleur chronique avec une attention soutenue portée au patient apparaît bénéfique. (…)Une évaluation de l’intensité, de la typologie, des retentissements comportementaux, du contexte personnel liés à la douleur est le gage d’une attitude thérapeutique adaptée avec une efficacité potentialisée.

Haute Autorité de Santé

Dans ce même rapport, on peut lire que la relaxation type Jacobson (contraction-décontraction musculaire), une des inspirations aussi que composante de la sophrologie, a été évaluée chez des patientes souffrant d’endométriose, avec un bénéfice pour l’anxiété et la qualité de vie.

Ainsi, proposer la sophrologie comme accompagnement complémentaire à la prise en charge médicale est loin d’être une aberration : c’est du bon sens !

La sophrologie : prendre le cerveau à son propre jeu

Posons de suite les choses clairement : le sophrologue n’est pas un marabout et il ne fera pas disparaître vos douleurs (si un praticien prétend qu’il le peut, fuyez !). Il y a beaucoup d’idées reçues sur la sophrologie.
Il n’est nullement question d’arrêter vos traitements. Il faut absolument continuer le suivi médical auquel la sophrologie ne saurait se substituer.

Pour reprendre la métaphore de la boule de neige évoquée plus haut, l’objectif de la sophrologie sera de faire fondre cette boule au maximum et de la rendre moins inconfortable. Osez la prendre dans sa main. Car, comme je le disais, le cerveau n’oublie rien. S’il peut anticiper des situations douloureuses au point de les générer, il peut aussi être conditionné afin de changer la façon dont vous percevez la douleur. Pas bête, hein ?

Jouons avec notre cerveau !

Il s’agit donc de prendre le cerveau à son propre jeu. En effet, celui-ci ne fait pas la différence entre une image que vous allez visualiser et la réalité. Ce sont les mêmes parties du cerveau qui sont activées quand une personne imagine quelque chose ou quand elle la vit (pour schématiser très grossièrement, c’est un peu ce qui se passe lorsque l’on se prend à pleurer devant une fiction). Le cerveau se souviendra alors avoir lutté avec succès contre la situation douloureuse. Et donc, vous appréhenderez de moins en moins ces épisodes…

En plus des exercices de visualisation, la sophrologie mobilise des techniques de respiration. Elles redonnent de la souplesse au bas ventre (et on sait qu’il faut que cette zone bouge!). Elles calment l’activité cérébrale en lien avec les récepteurs de la douleur (toujours eux!). Ce faisant, la sophrologie va également aider à gérer la fatigue chronique et le stress qui accompagnent souvent l’endométriose .

Enfin, des exercices de tension/relâchement musculaires seront associés aux exercices respiratoires. Ces éléments combinés vont permettre de décontracter l’ensemble des muscles et créer les conditions propices pour permettre de détourner l’attention de la douleur vers une situation agréable.

Au final, vous apprendrez à :

  • déprogrammer les mécanismes du cerveau qui font de votre douleur un boulet chronique
  • maîtriser les mécanismes de la douleur, vous donnant une chance de diminuer les prises d’antalgique (un AINS en moins, votre foie vous en remerciera)
  • améliorer votre sommeil pour avoir de meilleures capacités de récupération et minimiser les risques de générer du stress
  • vous réapproprier votre corps, ce corps qui souffre, qui “trahit”, qui empêche de profiter pleinement de sa vie
  • apaiser les facteurs de stress qui augmentent le ressenti douloureux

En réactivant un cercle vertueux, une prise en charge par un sophrologue viendra donc optimiser les résultats du traitement médical, améliorant ainsi votre qualité de vie, et ainsi de suite ….

Sophrologie et endométriose
On se détend…

La sophrologie : replacer la patiente au coeur de la prise en charge

J’ai gardé le meilleur pour la fin.
Les prises en charge médicales oublient parfois la dimension humaine. Certains praticiens savent aussi (par magie ?) ce qui est bon pour vous ! C’est déshumanisant et destructeur, a fortiori quand on connaît les humiliations et incompréhensions régulièrement relayées par les patientes.

Vous n’êtes pas qu’un symptôme ou une pathologie.
Vous n’êtes pas qu’un numéro de dossier.
Vous êtes une personne qui a ses maux, ses souffrances et qui veut profiter de sa vie.
Vous êtes unique et vous vivez votre vie selon votre propre regard, votre sensibilité, votre ressenti, mais aussi votre histoire, vos croyances.

Il vous faut un accompagnement personnalisé permettant d’aller écouter en profondeur et en douceur votre vécu et les problématiques que vous rencontrez.
Et cela, dans toutes ses dimensions : psychique, physique, émotionnelle, relationnelle…

Et cela tombe bien, c’est ce que je propose. Deux mots-clés : autonomie et personnalisation.

Aller vers une autonomie au quotidien

Mon but est de vous transmettre en quelques séances toutes les clefs nécessaires de façon à vous rendre autonome au quotidien. L’idée est, qu’à force de pratique, vous soyez par exemple en mesure d’endiguer une douleur seule. Le tout, toujours à votre rythme.

Vous êtes unique : votre accompagnement doit l’être aussi

Dans le cadre de ces séances, vous êtes au coeur de l’accompagnement. Celui-ci est basé sur vous et pour vous. Chaque endométriose étant spécifique, chaque accompagnement doit et sera personnalisé. 

J’envisage l’accompagnement comme une collaboration basée sur la confiance et la responsabilité de chacun. Cette relation sera donc la moins directive possible : je ne vous imposerai jamais rien. Qui mieux que vous sait ce qui est juste pour votre mieux-être?

Finalement, la sophrologie quand on souffre d’endométriose, ce n’est pas une si drôle idée. 

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez partager vos ressentis, votre témoignage, n’hésitez pas à me contacter .