La douleur est un des premiers motifs de consultation médicale. 30 % de la population française souffre de douleurs chroniques. 64 % des patients recevant des traitements antidouleurs se disent insuffisamment soulagés sur le long terme. La douleur est envahissante : on ne pense plus qu’à sa douleur, on ne vit plus que cela, on n’est plus que douleur. Elle perturbe gravement la vie de la personne qui souffre, mais aussi celle de son entourage proche. Quelles réponses la sophrologie peut-elle apporter, en sus des traitements médicamenteux de la médecine ? Comment agit-elle ? 

douleur et sophrologie

Qu’est-ce que la douleur et qu’apporte la sophrologie dans son traitement ?

Les causes organiques mais aussi subjectives des douleurs

Pendant longtemps la douleur a été considérée comme un phénomène essentiellement physique. Heureusement, la conception de la douleur a évolué. Le caractère plurifactoriel est mis en évidence dans la définition qu’en donne l’institut international de l’étude de la douleur (IASP). Cette définition est devenue la référence dans le monde médical.

La douleur est définie comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, en réponse à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en des termes évoquant une telle lésion ».

La douleur n’est donc plus réduite aux seules causes lésionnelles, elle est aussi subjective. Chacun la ressent différemment.

C’est cet aspect intime du rapport à la douleur qui est au cœur de l’accompagnement de la gestion de la douleur en sophrologie.

douleur et sophrologie

La douleur : une expérience (aussi) sensorielle et émotionnelle 

Par son aspect sensoriel, l’IASP entend que la douleur est reçue par les sens, qui alertent le cerveau.

Par son aspect émotionnel, l’IASP entend que le contexte émotionnel de la personne en souffrance module la douleur en faisant varier son intensité et parfois son emplacement.

C’est là que la singularité de chacun entre en jeu. 

Vous n’allez pas ressentir une douleur de la même façon que votre voisin. Vous ressentez la localisation, l’expression ( brûlure, coup de poignard, aiguilles, tiraillement, compression….), l’intensité, la durée,  de façon personnelle et nul ne peut se représenter ce que vous ressentez à votre place.

De la même façon, votre réaction émotionnelle vous est propre. 

douleur et sophrologie

C’est pénible, gênant, ou insupportable : c’est votre ressenti. Tristesse, troubles du caractère, perte des intérêts, fatigabilité, troubles de l’attention, insomnie accompagnent souvent  les douleurs chroniques.

L’anxiété, la dépression qui en découle est parfaitement légitime. Mais il est parfois complexe de l’exprimer. En effet, les expériences personnelles, familiales ou culturelles peuvent être des freins à l’acceptation ou à l’expression de vos émotions. “Dans ma famille, j’ai vu ma grand-mère, ma tante souffrir en silence” ,  “ je désire épargner à mes proches ma plainte continuelle”,  “je dois avancer” sont alors des arguments que vous mettrez en avant. Et le cercle infernal de la douleur continue de s’emballer. 

Au final, la douleur occupe tout l’espace psychique de la personne, elle devient “son identité” : la personne n’est que douleur. Douleur qui se transforme alors en souffrance. Comme une schéma vaut mieux qu’un long discours, on pourrait résumer le processus ainsi :

Et ce processus va s’auto alimenter avec l’anticipation par la personne des épisodes douloureux (“je scanne mon corps car je sais que je vais avoir mal quelque part. Effectivement, il y a bien une zone de douleur. Maintenant que je l’ai repéré, je suis fatigué et la douleur est encore plus insupportable”).

La douleur : un mal nécessaire … que la sophrologie vous apprend à écouter

La douleur alerte sur un dysfonctionnement du corps. Elle est indispensable et permet de protéger l’organisme. C’est d’ailleurs son premier rôle : avertir.

Mais quand la douleur persiste, qu’elle soit aigüe et / ou devienne chronique, c’est le corps qui parle et il faut l’entendre.

Cela veut dire qu’il va d’abord falloir explorer le corps, comprendre ce qui s’y passe, trouver une cause à cette souffrance, à  “cette lésion tissulaire réelle ou potentielle”.

La douleur fait partie de la vie.  La sophrologie va aider les personnes à accepter ce phénomène indépendant de leur volonté (on ne choisit pas d’avoir mal) tout en améliorant leur qualité de vie.

La sophrologie vise donc à aider les personnes à accueillir la douleur et la souffrance qu’elle peut engendrer, qui sont inévitables dans la vie. Les personnes apprennent à écouter et “composer avec” les sensations et les sentiments douloureux de façon à en atténuer l’incidence sur leur vie. Elles s’offrent alors l’opportunité de se bâtir une vie riche, importante et bien remplie.

douleur et sophrologie

La sophrologie en réponse à la douleur

On l’a vu : la douleur est complexe et donc très compliquée à gérer. La sophrologie n’annulera donc pas la douleur d’un coup de baguette de magique. Si un praticien prétend pouvoir le faire, fuyez !

La sophrologie intervient en soutien des traitements médicaux, non pour les remplacer, mais pour en faciliter et optimiser les effets.

La sophrologie est une technique qui intervient sur le corps et le mental. Elle prend en charge la personne dans toutes ses dimensions : corporelles, émotionnelles, physiques, mentales… Par des techniques simples et efficaces, elle va permettre de vous mettre à l’écoute de vos ressentis, diminuer les tensions musculaires, diminuer vos émotions négatives, développer vos propres ressources pour réguler l’intensité et la perception de votre douleur.

Ces techniques interviendront alors :

  • sur les aspects physiologiques de la douleur (déprogrammation de la douleur, régulation des hormones pour en diminuer l’intensité… J’en parle dans un autre article en prenant l’exemple de l’endométriose
  • les dimensions émotionnelles et sensorielles évoquées plus haut.
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Comment interviennent les techniques de la sophrologie pour soulager la douleur

Une complémentarité avec les soins médicaux 

Dans un premier temps, il est indispensable de consulter votre médecin. Il doit explorer les possibles causes de cette douleur. Il doit l’évaluer et identifier ses différentes composantes. Une fois la cause de la douleur déterminée par le corps médical, un traitement pourra être mis en place. De nombreux traitements sont proposés, souvent en association : médicamenteux, neurostimulation, mais aussi accompagnement psychologique, activité physique douce et adaptée, massages, art-thérapie… et sophrologie. 

La sophrologie intervient en synergie avec votre suivi médical. Elle permet de prendre conscience des différentes composantes , de votre mode de fonctionnement, et d’être acteur sur votre douleur, d’en diminuer progressivement votre perception.

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Quand les différents outils de la sophrologie deviennent précieux pour les médecins

Il arrive que les médecins eux-mêmes corrèlent la douleur à un état émotionnel sensible. Ils dirigent alors leur patient vers un sophrologue. 

Quand on dit que la douleur “c’est dans la tête”, cela agace. Mais en quelque sorte, cela peut aussi être vrai. Pour autant, une douleur n’est jamais imaginaire : elle est toujours réelle et c’est ainsi qu’il convient de la prendre en compte. 

Il existe des douleurs qui ne trouvent pas de causes nécessitant un traitement médical, mais qui sont bien présentes et font souffrir, parfois de façon chronique. Elles peuvent alors avoir un impact significatif sur le sommeil, l’attention et même sur l’humeur de la personne atteinte.

Le sophrologue pourra alors intervenir à différents niveaux.

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Il s’agira d’abord de définir si la douleur est une douleur dite « fantôme », c’est-à-dire une douleur restée chronique après que des traitements médicaux en aient guéri l’origine, ou s’il s’agit d’une douleur «émotionnelle », c’est-à-dire une douleur rattachée à l’expression corporelle des émotions (mal de vivre, déprime, épuisement nerveux, somatisation, etc.).

Ensuite, selon l’histoire de cette douleur, le sophrologue mettra en place un protocole de plusieurs séances avec pour objectif d’agir sur les souffrances.

Il n’est pas seulement question de détourner l’attention du sujet pour sa douleur, mais de mettre l’accent sur le reste du corps qui, lui, n’est pas en souffrance.

Ressentir pleinement les parties du corps qui sont moins (ou pas) douloureuses est une démarche active et positive

Amplifier les démarches positives, grâce à la respiration active, le relâchement musculaire profond et la visualisation, sert à isoler les démarches négatives, liées à la douleur elle-même.

Ainsi, la sophrologie offre plusieurs « portes d’entrées » au soulagement.

Bien entendu, les résultats obtenus seront fonction de l’ampleur de la douleur (chronicité, intensité, etc.) et de l’implication de chacun à prendre en main et à agir sur sa souffrance.

La sophrologie rend autonome. L’objectif est que la personne qui consulte puisse reproduire ce qu’elle aura pratiqué en séance seule chez elle. Par là, la sophrologie favorise la participation active de la personne souffrante. Cela vient contrebalancer la douleur qui est généralement subie passivement.

Vous souhaitez vous faire accompagner ?

Vos douleurs, même minimes, perturbent votre sommeil, votre appétit, votre humeur ? Vous souffrez de douleurs chroniques qui vous bloquent dans votre évolution de vie ? Vous vivez une situation de crise et cela vous stresse et vous rend anxieux ? Vous souhaitez pouvoir effectuer un changement ? 

Vous connaissez une personne souffrante, proche de vous, et vous vous sentez démuni face à sa situation ?  Vivre la douleur est complexe, tout autant que ces composantes et paramètres. En effet, même l’entourage peut-être impacté par la maladie. Il est tout autant important de pouvoir aussi l’accompagner dans un cheminement propre.

Je vous propose de vous accompagner dans cette démarche d’apprentissage qui consiste à remobiliser vos ressources et capacités, bien présentes en vous. Vous avez le potentiel d’agir à partir de vous, pour vous. En fonction du diagnostic médical, vous pourrez expérimenter des techniques douces et simples qui permettront d’améliorer votre qualité de vie. 

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez partager vos ressentis, votre témoignage, n’hésitez pas à me contacter .

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